Très chère,

Que vous ne m'aimiez point m'importe moins que le désire d'obtenir de vous la permission de vous aimer, Et si je vous en vois me la refuser, Daignez au moins m'accorder le droit de vous oublier. Car l'amour engage ma pensée toute entière, Et continuer à penser à vous me consumerait assurément.

Je ne vous dirais pas que je vous aime, Ni même que votre absence m'est tout à fait insupportable, Mais je vous dirais ceci : Il n'est pas une fleur qui ait votre odeur, Et pas une peinture qui puisse retranscrire avec fidélité l'angélisme de votre visage.

Mon existence ne peut se poursuivre en votre absence. Je vous supplie donc : priez , Pour que le hasard ne me fasse point trébucher du tabouret sur lequel je me tiendrai, La corde au cou.

Ma bien aimée, Je pleure de ne plus jamais avoir à vous pleurer.